Question⚓
Consigne. Extraire des informations dans le témoignage du migrant 2. (Répondre aux questions suivantes par des mots/expressions.)
Qui est cette migrante (nom, pays d'origine) ?
Quels lieux apparaissent dans son témoignage ?
Comment se déplace-t-elle ?
Quelles sont ses conditions de voyage ?
Document 1. Témoignage d'une migrante
Après avoir fui l’Érythrée, Ghenet a travaillé comme domestique pendant trois ans au Soudan. Lorsqu'elle a compris que ses employeurs, cherchaient à adopter son petit garçon de 4 ans, elle a décidé de tenter la périlleuse traversée de la Libye vers l'Europe.
Ghenet nous raconte ce jour où, au Soudan en guerre, les migrants qui l'accompagnaient sont tombés sur des combattants rebelles. Constatant qu'ils n'étaient pas Soudanais, ils les ont laissés passer. Le convoi est reparti. Ils étaient entassés à l'arrière d'un pick-up (voir image 1). « Il fallait bien s'accrocher. Les véhicules ne se seraient pas arrêtés si l'un de nous était tombé ».
Après le Soudan, des passeurs libyens ont pris le relais. Ghenet, son frère et son petit garçon ont mis sept mois pour traverser la Libye en pleine guerre. Elle se souvient de la peur que lui a inspiré la ville d'Ajdabiya en Libye. Les Érythréens passés avant elle par ce port pour embarquer vers l'Europe avaient laissé des graffitis qui disaient « Quittez cette ville au plus vite ». En effet, les migrants font l'objet de racket pendant leur périple. Les femmes ont, pour beaucoup, été victimes d'agressions sexuelles.
Puis est venue l'attente de la traversée de la Méditerranée. Après avoir voyagé d'un port à un autre, Ghenet et son frère ont été séparés au moment d'embarquer dans le port de Tripoli. Son frère est parti le premier dans une barcasse avec 27 autres passagers. Le bateau a fait naufrage quelques milles après le départ. « Deux personnes seulement en ont réchappé. Pas mon frère. »
« Quelques jours plus tard, nous avons embarqué. » Ils étaient plus de 250 dans un bateau de bois d'une dizaine de mètres de long, répartis sur deux niveaux (voir image 2).
L'embarcation est tombée plusieurs fois en panne. « De l'eau entrait dans le fonds du bateau ». Pendant la traversée, une femme a accouché dans la cale, et deux garçons sont morts d'épuisement. « Assoiffés, affamés, nous sommes arrivés trois jours plus tard à Lampedusa, une île italienne. »
« J'ai réussi à venir en France grâce à l'aide de mes cousins déjà réfugiés en Europe. » Ghenet espère obtenir le statut de réfugiée pour elle et son petit garçon. Elle a passé plusieurs semaines dans le camp de toiles de tentes sous le métro à Paris (voir image 3).
« Moi, je préfère rester en France. Je veux élever mon petit garçon ici. Qu'il ait une vie normale (voir image 4). »
Toute une classe d'âge, entre 15 et 45 ans, préfère les risques du voyage pour échapper à ce régime de terreur. Ils sont 5 000 à fuir leur pays chaque mois, selon l'ONU. Les fugitifs cherchent à échapper au service militaire qui fait d'eux des esclaves légaux. Ils reçoivent une solde si maigre qu'ils ne peuvent subvenir aux besoins de leur famille.
D'après C. Gouëset, Réfugiés érythréens : le cauchemar libyen de Ghenet & L'effrayant récit des migrants érythréens prêts à tout pour sortir de l'enfer, L'Express, 10/06/2015.



